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Barbara Erni révèle la poésie d’un monde fugaceLorsque Barbara Erni s’installe dans un train, magazines et journaux sont oubliés au fond du sac. Cette gourmande d’images préfère de loin s’immerger dans le mouvant spectacle qui s’offre à elle, se laisser envoûter par ce fascinant défilement de visions éphémères. Un sous-bois, un baiser furtif sur un quai, une maison incendiée, une tour d’usine, une forêt se mêlent sur l’écran de la vitre au reflet de visages et silhouettes du wagon. L’intérieur et l’extérieur s’unissent au rythme du train. Au fil de ce «rail movie», Barbara Erni a, depuis dix ans, engrangé des photographies dont se dégage un climat étrange, onirique, l’impression d’un autre monde, fluide, où l’instant si fugace nous échappe sans cesse. Car c’est aussi la fuite du temps qu’elle inscrit dans ces images sensibles, aux lumières obliques et irréelles, aux couleurs crépusculaires. Sous le titre «Un train peut en cacher un autre» elle les expose à la galerie Focale tout en présentant son livre dans lequel ses photos s’accompagnent de quelques beaux textes qu’Etienne Barilier avait écrits pour la revue Via des CFF. Dotée de multiples talents, cette artiste dynamique, par ailleurs enseignante et traductrice, s’est également lancée dans la peinture et la mise en scène. Elle a aussi longtemps collaboré en tant qu’iconographe avec Nicolas Bouvier, traduisant également son livre le «Poisson-Scorpion». Et l’an passé, elle a réalisé un autre rêve de jeunesse, son premier film documentaire «La montagne des reines». Françoise Gentinetta, La Côte, août 2007 |
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